Derniers jours au FICG : le temps de l’écoute et des vitrines

Je me réveille le lundi hagarde, la voix éraillée. Je ne fais pas grand-chose, à part un peu de musique sur mon ordinateur, à tenter de faire sortir de terre un morceau que je traîne en moi depuis deux ans.

Mais surtout, je me repose en pensant à la troisième phase du FICG : le plus gros des professionnels de l’ « industrie » débarque pendant la dernière semaine du festival et c’est donc l’occasion de les rencontrer et d’échanger sur tout et sur rien avec des gens qu’on ne connaît pas encore. Mais au-delà de ça, c’est l’occasion d’assister à une multitude de concerts d’artistes émergents canadiens ou européens, toute l’après-midi et une bonne partie de la nuit, dans le cadre de concerts-vitrines d’une trentaine de minutes où chaque artiste essaie de faire découvrir son univers et de donner un aperçu de ce qu’il peut faire.

Chose plutôt sympathique, tous les concerts-vitrines se déroulent dans une des églises de Granby, aménagée pour l’occasion tel un cabaret, ce qui donne une atmosphère assez particulière.

Je me retrouve donc, toujours en béquilles, à une garden party de bienvenue le mardi soir dans la demeure d’un des cadres du festival dans la campagne. Terrain à perte de vue, tonnelle et grande maison de bois accueillant le bar, je rencontre mes prédécesseurs européens qui étaient passés par le stage des demi-finalistes l’année dernière et qui reviennent cette année présenter leur travail dans un concert-vitrine (Denis K et NORD).

Le lendemain, le coup de départ est lancé et nous aurons droit, quatre jours durant, à une après-midi de quatre concerts suivie d’un cocktail agrémenté d’un mini-concert (belle découverte de Klô Pelgag que je n’avais pas encore vue), pour ensuite laisser place à une soirée de trois mini-concerts pour enchaîner, en général, sur une nuit de concerts au Pub du Village.

Bref, on bouffe de la musique tous les jours, intensément, et quasiment sans interruption. Un vrai marathon, ce qui n’est pas pour me déplaire !

Je remarque ça et là des propositions artistiques plutôt audacieuses, que ce soit dans la scénographie (coucou Chloé Lacan), dans les textes et les chansons (hello Jules) ou même dans la conception des lumières (à l’image de Fanny Bloom et de son équipe).

En parallèle, le vendredi soir, se déroule la grande finale du concours, avec Samuele, Etienne Fletcher, Lydia Képinski et Catherine Dagenais. J’ai pu encore découvrir les deux dernières que j’avais loupées lors des demi-finales. Je suis heureuse de retrouver, pendant l’entracte, certains demi-finalistes qui étaient partis et qui étaient de retour tout particulièrement pour assister à la soirée.

Après un entracte passé à saluer mes camarades et quelques chansons interprétées par Isabelle Boulay herself – qui avait gagné un grand prix du Festival quelque 25 ans plus tôt -, une pluie de prix et de distinctions s’abat sur les finalistes, avec une petite avance pour Samuele et Lydia Képinski (sorte de Coeur de Pirate sous acide que ne renierait pas un certain Philip Katerine).

< Le Palace de Granby où se déroulaient les demi-finales et la finale >

Le nom de Samuele est finalement prononcé pour le grand prix 2016 et nous crions de joie avec certains demi-finalistes venus pour l’occasion. Cette victoire nous fait d’autant plus plaisir que Samuele est une artiste expérimentée et au quotidien plus contraignant que pour d’autres.

Mais le Festival continue un jour de plus, et termine le samedi par un immense concert en hommage à Dédé Fortin (membre des Colocs) sur une grande scène extérieure, suivi d’un feu d’artifice. « Granby, c’est Granby » (slogan inscrit un peu partout pendant le Festival) !

Dernier concert de Mordicus (sorte de Rolling Stones francophone) au pub (avec leur jolie chanson « Top Modèle »), dernières conversations, bières et accolades. Je sais que certains de mes camarades iront en Europe bientôt et j’ai hâte de les revoir.

Le dimanche a essentiellement servi à dormir, empaqueter ma valise trop lourde, rendre mes béquilles de location à la pharmacie, dire « au revoir » à Michel et Chantal, mes hôtes pour ces semaines si intenses et qui m’ont accueillie comme une membre de leur famille.

Je partage avec vous les quelques phrases qui égrènent leur appartement et appellent à une certaine positivité. Cela les représente bien !

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Enfin, dernier petit détail : le trajet Granby-aéroport s’est fait en… school bus ! On remarque, au gabarit du véhicule, que celui-ci doit être bien équipé pour affronter les pires moments de l’hiver… Une expérience atypique !

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C’est donc le coeur empli de joie, de gratitude et d’inspiration que je rentre en France. D’ailleurs, j’ai composé quelques jours plus tard une nouvelle chanson que j’ai hâte de vous faire découvrir.

Tout bientôt, je vous conterai encore d’autres aventures…

A très vite,

D.

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Photos : Marianne Hell / Joseph Scarito / Fred William Dewitt Logo : Olivier Classe